1. Les principaux objectifs de ma visite au Bénin
Le Gabon a décidé de mettre en place un Fonds de Garantie Automobile (FGA) afin de se conformer aux dispositions de l’article 600 du Code CIMA. Pour mener à bien ce projet, la Direction Nationale des Assurances a constitué une équipe dédiée, chargée de réfléchir aux modalités de mise en œuvre du FGA au Gabon. Ma visite s’inscrit dans ce cadre. Nous sommes dans la phase de collecte d’informations, initiée à Libreville et que nous poursuivons dans les pays de référence retenus pour notre étude. Après le Bénin, nous continuerons nos travaux en Côte d’Ivoire et au Sénégal. L’objectif est d’analyser les modèles de réussite au sein de l’espace CIMA afin de s’en inspirer et d’adapter les meilleures pratiques au contexte gabonais.
2. Que pouvez-vous nous dire par rapport aux choix du FGA-BENIN pour votre immersion dans le monde des FGA ?
Nous avons choisi de débuter par le Bénin en raison de la particularité de sa forme juridique, une Association d’Assurance Mutuelle régie par la loi 1901. Ce choix nous intéresse particulièrement, car nous recherchons une structure juridique simple qui permettrait une mise en place rapide du FGA au Gabon. De plus, le FGA du Bénin figure parmi les plus anciens de la zone CIMA, après celui du Sénégal, et son expérience éprouvée en fait un modèle de référence incontournable.
3. Les objectifs poursuivis ont-ils été atteints ?
Oui, les objectifs fixés ont été atteints. Comme évoqué précédemment, notre démarche consiste à tirer parti des meilleures pratiques en matière de Fonds de Garantie Automobile. Au cours de cette mission, j’ai eu l’opportunité d’échanger avec les responsables du FGA du Bénin et de collecter des informations essentielles. Ces échanges m’ont permis d’identifier les défis rencontrés par le FGA-Bénin et d’anticiper les écueils à éviter dans le cadre de la mise en place du FGA au Gabon. Les enseignements recueillis au cours de ce séjour seront déterminants pour accélérer et structurer efficacement la mise en œuvre du Fonds de Garantie Automobile au Gabon.
4. Quelles sont vos impressions suite à la visite au chevet des personnes victimes d’accidents de voie publique, bénéficiaires des prestations du FGA-Bénin, au niveau des hôpitaux partenaires ?
Cette visite m’a profondément marquée, car elle met en lumière l’ampleur des conséquences des accidents de la route et l’importance du rôle joué par le FGA. Sans ce dispositif, de nombreuses victimes se retrouveraient sans assistance ni recours. J’ai également été particulièrement touchée par l’engagement du Directeur Général du FGA-Bénin, qui accorde une attention particulière aux bénéficiaires du Fonds, ne les considérant pas simplement comme des dossiers anonymes, mais comme des personnes dont la détresse mérite écoute et soutien. Se rendre au chevet des victimes constitue un geste fort de solidarité et de réconfort dans ces moments éprouvants. Par ailleurs, il est rassurant de constater que toutes les victimes rencontrées se sont déclarées satisfaites de l’accompagnement et des prestations fournies par le FGA-Bénin, témoignant ainsi de son efficacité et de son impact réel sur la prise en charge des accidentés.
5. A travers une convention FGA-BENIN/Compagnies d’assurance, les victimes d’accidents de la voie publique occasionnés par des véhicules sont prises en charge par le FGA-Benin pour les premiers soins, en attendant le relais par la compagnie d’assurance impliquées Que pensez vous de ce mécanisme mis en place par le FGA-BENIN ?
Je ne peux que saluer l’initiative du FGA-Bénin d’établir des conventions avec les compagnies d’assurance afin d’assurer une prise en charge immédiate des victimes d’accidents de la voie publique. Ce mécanisme présente plusieurs avantages majeurs. D’une part, il garantit aux victimes un accès rapide aux premiers soins, évitant ainsi une aggravation de leur état de santé en raison de délais administratifs. D’autre part, il renforce la confiance des populations envers le FGA, qui apparaît comme un acteur clé de la solidarité et de la protection des usagers de la route. En outre, cette collaboration entre le FGA et les compagnies d’assurance permet d’optimiser la gestion des sinistres en assurant une transition efficace entre la prise en charge initiale par le FGA et l’intervention de l’assureur responsable. Ce type de dispositif constitue une bonne pratique à étudier dans le cadre de la mise en place du FGA au Gabon, car il contribue à améliorer la réactivité et l’efficacité du système d’indemnisation des victimes.
6. Comment entrevoyez-vous une future collaboration entre le FGA/Gabon et les FGA de la sous-région ?
Une future collaboration entre le FGA du Gabon et les FGA de la sous-région me semble non seulement souhaitable, mais essentielle. Chaque pays ayant déjà mis en place un FGA dispose d’une expérience précieuse dont nous pouvons tirer des enseignements. L’échange d’expertises et de bonnes pratiques permettra d’améliorer nos mécanismes de fonctionnement et d’adopter des stratégies éprouvées pour garantir une meilleure prise en charge des victimes d’accidents de la route.
De plus, une coopération renforcée entre les différents FGA pourrait aboutir à la mise en place de cadres d’action communs, notamment en matière de financement, de gestion des sinistres transfrontaliers ou encore de sensibilisation des populations sur la nécessité d’une couverture d’assurance. L’union des efforts permettra de consolider l’efficacité des FGA dans l’espace CIMA et de renforcer leur impact auprès des bénéficiaires. Je suis convaincue que ces échanges contribueront à la réussite et à la pérennité du FGA au Gabon.
7. Quel sentiment vous anime après ce bref séjour auprès du FGA-Benin
À l’issue de ce séjour auprès du FGA-Bénin, c’est un profond sentiment de satisfaction qui m’anime. Ce que je retiens avant tout de cette immersion, c’est que la mise en place d’un Fonds de Garantie Automobile est un défi ambitieux, mais parfaitement réalisable lorsque l’on s’appuie sur la détermination, la rigueur et la passion des acteurs impliqués. L’expérience du FGA-Bénin illustre qu’avec une vision claire et une volonté politique affirmée, il est possible d’instaurer un dispositif efficace au service des victimes d’accidents de la route.
8. Que pouvez-vous nous dire comme mot de fin ?
Je tiens à exprimer, au nom de la Direction Nationale des Assurances du Gabon et en mon nom propre, ma profonde gratitude au Directeur Général du FGA-Bénin ainsi qu’à l’ensemble de son équipe. Votre accueil chaleureux, votre disponibilité et la richesse des échanges que nous avons eus témoignent de votre engagement et de votre volonté de partager votre expertise pour faire avancer la cause des Fonds de Garantie Automobile dans la zone CIMA.
Cette mission a été une expérience précieuse, qui m’a permis d’acquérir des connaissances essentielles pour la mise en place du FGA au Gabon. L’exemple du FGA-Bénin, à travers son organisation, son fonctionnement et son impact sur les victimes d’accidents de la route, constitue une source d’inspiration et un modèle dont le Gabon saura tirer les meilleurs enseignements.
Encore une fois, merci pour votre hospitalité et pour le partage généreux de votre expérience. J’espère vous accueillir prochainement au Gabon dans le cadre de la mise en œuvre effective de notre propre FGA.